Petrouchka Inger Les Ballets de Monte-Carlo
©Alice Blangero
Petrouchka Inger Les Ballets de Monte-Carlo
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©Alice Blangero
©Alice Blangero

Petrouchka

Johan Inger

Petrouchka est une poupée, un jeu entre les mains d’un « magicien » qui la fait danser et sauter sous le regard émerveillé de tous, au beau milieu d’un étrange évènement folklorique.

Petrouchka est un corps sans âme qui se met en mouvement, guidé par la voix de son maître.

Stravinsky et Benois placent leur histoire à Saint-Pétersbourg en 1830 pendant le carnaval, une grande fête foraine très attendue.

Stravinsky et Benois souhaitaient doter d’une âme ce pantin maladroit se débattant au milieu de la foule pour l’amour impossible de la ballerine, contre l’oppression de son maître, contre le Maure et contre les attentes du public qu’il doit en même temps divertir.

Johan Inger nous emmène dans le monde actuel et controversé de la Mode, dans lequel les poupées deviendront des mannequins, le magicien un guru des foules de modes internationales, et les protagonistes et consommateurs plantés au cœur d’un incroyable cirque de vanités.

Johan Inger, transposant cette histoire dans sa propre esthétique et son monde narratif, renouvelle ce « classique » de façon contemporaine avec une dose de critique et de réflexions sur un monde de consumérisme, où l’éloge des corps jeunes fait loi, repoussant ainsi les générations qui les précèdent sans aucune forme de considération.

Dans ma version de ce ballet, Petrouchka est un mannequin de vitrine qui revient à la vie doté d’une identité et d’une finalité faite par un créateur de mode.
Une fois usé et dépouillé de sa fonction temporaire, il est jeté sur un tas de mannequins usés, et il bataille pour comprendre sa destinée, jusqu’au moment où il rencontre la Ballerine. Il tombe follement amoureux d’elle, mais la Ballerine elle-même est amoureuse du Maure qui n’acceptera aucune concurrence envers elle. L’idée que le but de la vie de Petrouchka conduirait seulement à un cœur brisé constitue le point controversé de cette histoire que je questionne : une tragédie qui se produit depuis des siècles et survient au moment où on l’attend le moins.


Chorégraphie : Johan Inger
Assistant du chorégraphe : Christophe Dozzi
Musique : Igor Stravinsky
Dramaturgie : Gregor Acuña Pohl
Décors : Curt Allen Wilmer avec estudiodeDos
Costumes : Salvador Mateu Andujar
Lumières : Fabiana Piccioli
Durée : 36 min

Avec l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, direction Kazuki Yamada

Création pour Les Ballets de Monte-Carlo
Première le 8 décembre 2018, Salle Garnier Opéra de Monte-Carlo