Asier Edeso ©Alice Blangero
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Asier Edeso ©Alice Blangero
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True and False Unicorn

JEROEN VERBRUGGEN

À travers True and false unicorn, Jeroen Verbruggen aborde notre indifférence, notre cruauté à l’égard des animaux, mais aussi notre ignorance, voire notre superstition. Le jeune chorégraphe s’est plongé dans l’histoire naturelle et a découvert comment des animaux méconnus ont basculé dans le fantastique et le merveilleux pour devenir des figures mythologiques. Le cas le plus célèbre est celui de la licorne. Les poèmes de James Broughton True and false unicorn, parlent longuement de cette figure légendaire et sont en fait un autoportrait de l’écrivain. Parlant de la licorne, animal mystérieux et difficile à apercevoir, le poète parle de lui, de l’être humain complexe qui se cherche et veut être compris des autres. De la même manière, la pièce de Jeroen Verbruggen révèle comment les artistes ont une part de folie qui les pousse à « jeter des idées » pour s’exprimer et se faire entendre des autres.

Une anecdote sur la licorne, qui a également retenu l’attention de Jeroen Verbruggen, est la manière dont la reine Élisabeth Ier, dite « La Reine Vierge » a été associée à cet animal. Obsédée par sa virginité, cette grande stratège disait posséder une véritable corne de la créature. Cette reine dont la devise était video et taceo (Je vois et je ne dis rien), possédait un sens de la diplomatie très développé et savait à l’occasion recourir à la manipulation. Érotisme et manipulation : l’association de ces deux concepts a toujours été au coeur du travail de Jeroen Verbruggen. On ne s’étonnera donc pas d’apercevoir dans son ballet, Sigmund Freud, des costumes avec des corsets et des ossements, ou encore des couples s’embrassant et se demandant si leur baiser est encore pur ou déjà vidé de son sens… 


Chorégraphie : Jeroen Verbruggen
Costumes : Emmanuel Maria
Scénographie : Émilie Roy
Lumières : Samuel Thery
Musiques : True and False unicorn, Einojuhani Rautavaara, d’après les poèmes de James Broughton, “Cold Song” par An Pierlé
Durée : 39 min

Première par Les Ballets de Monte-Carlo le 16 juillet 2015, Salle Garnier Opéra de Monte-Carlo