©Marie-Laure Briane
Jeroen Verbruggen ©MLB
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©Marie-Laure Briane
Jeroen Verbruggen ©MLB

Le Spectre de la Rose

MARCO GOECKE

Un "Spectre" nouveau

L’intrigue tourne autour d’une jeune femme qui rentre d’un bal. S’endormant avec une rose entre les mains, elle rêve du spectre de la rose, qui lui apparaît en sautant par sa fenêtre, danse avec elle puis disparaît avant son réveil….

…En 2009, Marco Goecke se voit commander une version personnelle du Spectre de la rose. Contrairement à Maurice Béjart, qui en 1979 crée une parodie à partir de la version originale, Goecke choisit une approche profondément sérieuse.  Au couple principal, il ajoute six spectres auxiliaires, et à la musique originale un deuxième morceau de Carl Maria von Weber, Le maître des esprits. Ainsi, le nouveau Spectre devient non seulement plus long, mais Goecke laisse au personnage principal l’occasion d’incarner un Spectre qui diffère en bien des aspects de la version originale, notamment pour ce qui est de la musique du solo et du langage chorégraphique particulier de Marco Goecke. Quoique le solo comprenne divers sauts, ils ne sont ni hauts ni écartés. L’interprétation de Goecke est tout sauf un éloge du romantisme. Souvent sa chorégraphie privilégie la puissance et l’intensité, évitant donc toute impression de naturalisme. Aucune scénographie opulente, telle la chambre de la jeune fille dans la version de Fokine, ne vient troubler sa vision. Même si ses costumes sont inspirés de l’esprit de Gautier, et que la couleur dominante est le rouge, la chorégraphie moderne de  Goecke se nourrit du poème en même temps qu’elle s’autorise de nouvelles interprétations.

Quoique très différente, sa chorégraphie est aussi inventive que l’originale. Avec des moyens différents, Goecke a su trouver une manière unique de développer le port de bras, avec des combinaisons enchaînées et des mouvements constamment modifiés. Et comme Fokine dans son temps, Goecke a aussi modifié la relation entre le rôle masculin et féminin, pour créer un nouvel équilibre. Même si dans le ballet de Goecke le Spectre demeure le personnage principal,  le rôle féminin montre une grande indépendance et beaucoup de puissance dans son interprétation.

Nadja Kadel


Chorégraphie : Marco Goecke
Musique : Karl Maria Von Weber « L’invitation à la danse », « Le maître des esprits »
Conseiller dramatique : Nadja Kadel
Costumes : Michaela Springer
Lumières : Udo Haberland

Création pour Les Ballets de Monte-Carlo
Première le 14 juillet 2009, Terrasses du Casino de Monte-Carlo