Anne-Laure Seillan & Stephan Bourgond ©Alice Blangero
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Anne-Laure Seillan & Stephan Bourgond ©Alice Blangero
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Arithmophobia

JEROEN VERBRUGGEN

Souffrance liée à la peur des nombres, l’arithmophobie devient dans le ballet de Jeroen Verbruggen une réflexion sur le temps qu’il nous reste à vivre. Le jeune chorégraphe, également danseur au sein des Ballets de Monte-Carlo, traite de ce thème sans que la situation tourne nécessairement au drame ou au désespoir. Paniquer est inutile car la fin du monde est de toute façon déjà acquise si l’on fait la somme de toutes les petites catastrophes quotidiennes. Chacun des huit danseurs présents sur scène porte ainsi en lui une histoire personnelle qui individuellement n’est pas d’une noirceur absolue. C’est en additionnant celle-ci aux autres que le spectateur se rend compte que quelque chose dysfonctionne collectivement.

Pour illustrer l’hypothèse d’un univers bientôt sans l’homme, Jeroen Verbruggen a puisé dans plusieurs écrits, notamment l’Apocalypse de Saint Jean, et les a unifiés dans une scénographie pleine de surprises. La 10e symphonie « inachevée » de Mahler a été adaptée à cette occasion par l’artiste électro Matthew Herbert. Quant aux costumes, ils sont inspirés de la figuration crue du peintre Jean Rustin et offre une lecture du corps, choquante pour certains, poétique pour d’autres.

Jeroen Verbruggen se défend de délivrer un message sombre à travers sa danse : « Malgré la gravité du sujet, Arithmophobia est un clin d’œil à l’Acte blanc du ballet romantique – cet acte souvent insouciant où les choses sont légères. La fin du monde, c’est mourir tous ensemble et au même moment. C’est tout de même plus réconfortant que d’effectuer le voyage tout seul ».

 


Chorégraphie : de Jeroen Verbruggen
Musique : Symphony X de Mahler recomposée par Matthew Herbert
Scénographie : Jeroen Verbruggen assisté de Tina Alloncle (étudiante à l’ESAP de Monaco).
Costumes : Jeroen Verbruggen assisté de Jean-Michel Lainé et Leslie Bourgeois d’après les peintures de Jean Rustin
Lumières : Samuel Théry
Vidéo : Gregory Sebbane
Durée : 30 mn

Première le 17 juillet 2013, Salle Garnier Opéra de Monte-Carlo