©Alice Blangero
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Sigh

MARCO GOECKE

J’ai des crampes, attends un instant... gémit le danseur George Oliveira en pleine répétition d’un nouveau solo compliqué et ultra rapide de Marco Goecke. Le solo est exécuté entièrement au sol. Le chorégraphe a choisi une musique pop plutôt détendue (de Bonnie « prince » Billy) pour cette danse « terrestre » et éclatante qui s’enracine dans les soupirs du violoncelle. Quelques minutes plus tard un groupe de danseurs expire bruyamment. Leur respiration profonde évoque ces mêmes soupirs. Est-ce du désespoir ou du soulagement ? Tout le monde doit faire son propre choix. Goecke dit : « Je soupire parfois le soir avant d’aller au lit quand je suis épuisé après une longue journée » et ajoute en souriant « mais seulement les soirs, jamais les matins».

Comme dans toutes ses créations le chorégraphe reste fidèle aux principes minimalistes de son langage si reconnaissable à son sens du mouvement, à sa construction de l’espace et à l’utilisation particulière du décor. Entre visibilité et mystère, la pièce expérimente des mouvements incroyablement rapides, soulignés par des costumes semi transparents sur une scène obscure. Toutefois, le sol de danse est blanc et à la question de savoir s’il fera une pièce plus claire que les précédentes, Goecke se contente de citer Bertold Brecht : « le bonheur est sombre et court vite, par contre le malheur est long et clair ».


Chorégraphie : Marco Goecke
Musiques : Pablo Casals, Peteris Vasks (Solo for Tatjana), Bonnie Prince Billy (albums : Master & Everyonen, The Letting go)
Décors et costumes : Marco Goecke
Lumières : Udo Haberland
Dramaturgie : Nadja Kadel
Durée : 20 mn

Première par Les Ballets de Monte-Carlo le 16 juillet 2014, Salle Garnier Opéra de Monte-Carlo