Daniele Delvecchio ©Alice Blangero
©Alice Blangero
Anjara Ballesteros & Daniele Delvecchio ©Alice Blangero
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Daniele Delvecchio ©Alice Blangero
©Alice Blangero
Anjara Ballesteros & Daniele Delvecchio ©Alice Blangero

L'Enfant et les Sortilèges

JEROEN VERBRUGGEN

Jeroen Verbruggen nous propose à travers son ballet une lecture personnelle du livret de Colette. L’action se déroule dans une maison que l’enfant met en désordre puis dans un jardin où il s’en prend à la nature. L’idée qui sous-tend l’ensemble de la pièce du jeune chorégraphe est la suivante : la maison, c’est l’enfant. Les objets qu’il détruit, les créatures qu’il blesse, le mal qu’il commet, c’est à lui qu’il l’inflige. « Je me rends compte que, souvent, mon travail est polarisé autour de l’adolescence, de sa zone de turbulences, de ses possibles et c’est vers cela que je veux emmener ma version du ballet. » Le ballet de Jeroen Verbruggen prend dès lors une tournure sombre, à l’image des tons sépias qui colorent la scène d’une teinte automnale et angoissante. Alice Blangero a été invitée à cette occasion par le chorégraphe à créer des photographies qui permettent de faire le lien sur scène entre la maison-enfant, les costumes et les lumières.

Si L’Enfant et les Sortilèges véhicule ici un certain malaise, Jeroen Verbruggen distille également dans son ballet de nombreux éléments humoristiques qui rappellent l’artiste facétieux qu’il sait être. La mère de l’enfant en est l’illustration la plus éloquente. Personne n’incarne son rôle. Elle est symbolisée par deux grandes jambes qui descendent jusqu’au sol, clin d’œil au dessin animé Tom et Jerry. Drôle et effrayant à la fois… Chez cet artiste flamand, ancien danseur des Ballets de Monte-Carlo, les deux ont toujours été associés.

Si les personnages peuvent être désincarnés, l’inverse est vrai également. Le chorégraphe a ainsi pris le parti scénographique de n’utiliser aucun meuble afin d’éviter de paraphraser le texte. C’est donc aux danseurs qu’il revient de les représenter et bien sûr de les animer. La collaboration avec la maison de couture « On aura tout vu » fait mouche à nouveau et propose un univers fantaisiste qui vient équilibrer à la perfection l’angoisse assumée du ballet.


Chorégraphie : Jeroen Verbruggen
Musique : Maurice Ravel, Ludovico Monk (d’après Purcell)
Poèmes de Colette
Scénographie, costumes : On aura tout vu, Yassen Samouilov et Livia Stoianova
Assistante Décors : Emilie Roy
Photographies : Alice Blangero
Lumières : Samuel Thery
Durée : 45 mn

Première le 21 juillet 2016, Salle Garnier Opéra de Monte-Carlo.