Enemy in the Figure

WILLIAM FORSYTHE

« Un écran ondulé traverse la scène en diagonale ; une corde sur le sol activé en moniteur d’énergie ou de messages codés ; les danseurs manipulent un projecteur roulant posé au sol ; le tout dansé sur le tic-tac distrayant de la musique signée Thom Willems. Enemy in the Figure est un sombre poème envoûtant sur la vision, la perception, la forme et le chaos. La lumière joue un rôle aussi important que le mouvement, qui filtre à travers la scène en traits irréguliers et passagers, s’éclatant ou se contractant dans l’espace ; les danseurs submergés d’ombres de plus en plus profondes, amplifiant ainsi la beauté éphémère des mouvements. Portant des vêtements à franges superposées par-dessus leur collants noir et blanc, les danseurs surgissent de la pénombre ou y disparaissent comme des éruptions de l’inconscient, leurs corps étant des instruments polyphoniques qui génèrent le mouvement de n’importe d’où. Les membres voués à la danse classique se muent  en formes anguleuses et décousues inscrivant leurs géométries convulsives en tournant, devant leurs ombres cinétiques ou génèrent des successions sans fin de mouvements sur une scène soudainement vide, sous une lumière blanche  uniforme, la musique jouant bas une mélodie rythmique et répétitive. Dans un univers à la fois frénétique et calme, Enemy in the Figure, une pièce non-narrative de mystère et d’urgence, d’isolement et de rapport, confronte l’automatisme et l’humain : la  danse agissant comme intermédiaire à d’infinies possibilités ».

Roslyn Sulcas (New York Times)

 


Chorégraphie : William Forsythe
Musique : Thom Willems
Scénographie, lumières et costumes : William Forsythe
Durée : 29 min

Première par le Ballet de Francfort, le 13 Mai 1989
Première par Les Ballets de Monte-Carlo, en 2002, à Monaco